Formation par la voix, coaching

Pas facile…

Savoir quelle attitude adopter face à une personne en difficulté n’est jamais facile. En cas d’urgence humanitaire, la question ne se pose pas : porter assistance est vital !

Il s’agit plutôt ici de difficultés dues à un passage de vie compliqué, ou à une souffrance physique déjà prise en charge médicalement, ou à une situation à forte charge émotionnelle. Est-on « obligé(e) » de faire quelque chose ?

Dans le langage courant, on dit « porter ou pousser ou tirer quelqu’un »pour indiquer une action qui engage des dynamiques d’aide à une personne qui ne parvient plus à avancer dans sa vie. Elle doit s’en sortir !! Sortir de quoi d’ailleurs ?

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Si je « porte » cette personne, je sous-estime sa capacité à marcher (symboliquement), la force de ses jambes pour se tenir debout. Peut-être est-ce un moyen pour moi d’éviter l’effet miroir et l’image qu’elle me renvoie : ma propre possibilité de me retrouver dans l’incapacité de marcher.

Peut-être est-elle en manque de force en ce moment… mais le seul moyen de l’acquérir, c’est de marcher jusqu’à ce que ses muscles se renforcent.

Comment faire autrement ?

Je peux peut-être apprendre à l’accueillir telle qu’elle est et non pas telle que je voudrais qu’elle soit… Elle trouvera alors un appui.

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Lorsque je « pousse » une personne, je sous-estime sa capacité à évoluer, à avancer, à allumer le moteur qui la mettra en route. Peut-être est-ce un moyen pour moi d’éviter l’effet miroir et l’image qu’elle me renvoie : ma propre possibilité de me retrouver sans énergie pour allumer mes envies et mener à bien des projets.

Comment faire autrement ?

Je peux peut-être apprendre à accueillir son rythme et son itinéraire qui sont différents des miens ; à me « pauser » à côté d’elle, ou parfois être un peu devant puis l’attendre ; ou me positionner volontairement en retrait pour la laisser défricher son terrain. Elle trouvera alors un(e) co-pilote… qui ne conduit pas à sa place !

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Quand je « tire » une personne, je sous-estime sa capacité à se(re)lever ou je refuse la pause qu’elle a peut-être choisi de prendre. Peut-être est-ce un moyen pour moi d’éviter l’effet miroir et l’image qu’elle me renvoie : ma propre possibilité de me retrouver à l’arrêt, immobile, à vivre le rien, au ralenti…

Comment faire autrement ?

Je peux peut-être apprendre à ne pas juger de ce qui est bon ou pas bon. Cela lui évitera de faire semblant devant moi et à accepter une dynamique jugée comme inadéquate par la société. Elle vivra pleinement son temps d’arrêt qu’elle pourra vivre comme un SAS récupérateur entre un avant et un après. Elle trouvera alors un(e) allié(e).

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C’est sûr, c’est pas facile de résister à l’envie de porter, pousser, aider, tirer lorsqu’on assiste, impuissants, à des situations qu’on redoute de voir et éviter ainsi-aussi nos propres émotions désagréables à vivre.

Je peux me tenir à ses côtés, simplement, sans tenter de forcer dans un sens ou un autre ; si elle a besoin de moi, elle me le fera savoir. Si c’est seulement de ma présence dont elle a besoin, elle lui est acquise. Si c’est de pouvoir se vivre telle qu’elle est à cet instant, elle aura un accueil inconditionnel. Si c’est d’avoir le droit de se sentir comme elle se sent présentement, elle a tout mon respect et mon amour.

Peut-être vais-je moi-même beaucoup apprendre de cette dynamique qui laisse dehors le sauveur, la victime et le bourreau !

Peut-être a-t-elle seulement besoin de savoir qu’un(e) autre croit suffisamment en elle pour comprendre qu’elle peut croire en elle …

                                               Patricia Verneret

Coach de vie, formatrice, conférencière

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