Formation par le chant, coaching

La magicienne

L’autre jour, j’ai rêvé d’un conte étrange…

Je me trouvais à l’entrée d’une forêt luxuriante et verdoyante avec un panneau d’affichage kitch au possible qui annonçait : « ici, la magicienne vous transformera ». Évidemment ma curiosité a été attisée et je suis entrée. J’avais à peine mis un pied dedans qu’une petite fille vêtue d’une tunique bariolée sur un pantalon, pieds nus, les cheveux sens dessus dessous et le visage  barbouillé de chocolat vint à ma rencontre.

« Je serai ton guide ». Elle éclata alors d’un rire sonore : « Ne te fie pas aux apparences, c’est toi qui rêves là… »

Et me voilà en train de suivre le pas sautillant de la fillette, qui m’a d’ailleurs ordonné d’imiter son pas en cœur avec elle. Je n’ai pas sautillé depuis mon enfance, alors j’étais un peu rouillée et, surtout, je me sentais plutôt ridicule !

Nous arrivâmes dans une immense clairière où une foule de gens se trouvaient rassemblés par dizaines à différents endroits. On aurait dit qu’ils assistaient à des ateliers avec des thèmes différents mais, apparemment, il y avait un ordre précis.

Certains étaient assis en cercle. Ils semblaient figés jusqu’au moment où une femme sembla les libérer, un de ses mains descendant de la pointe de leurs têtes  vers leurs gorges, et l’autre main partant du ventre rejoignant sa jumelle. Alors, à tour de rôle, des bulles sortaient de leurs bouches emplies d’images difficiles-douloureuses à voir, d’autres réjouissantes et agréables à regarder.  « Il se racontent… » m’expliqua la petite fille. L’ambiance m’apparut solennelle jusqu’au moment où je compris d’où me venait cette impression. Ils s’écoutaient les uns les autres ! J’ai plutôt l’habitude de conversations endiablées et endiablantes où chacun cherche à avoir raison et à garder le monopole de sa parole.

Plus loin, les participants semblaient essayer de débloquer quelque chose de coincé dans une sorte de tuyau… On aurait dit qu’ils s’évertuaient à résoudre une énigme. La même femme étrange de l’atelier précédent ouvrit la bouche et une sorte de rayon d’énergie sembla en sortir jusqu’à atteindre les personnes présentes… Le tuyau sous la pression d’un homme qui s’acharnait dessus en vain depuis un temps, se déboucha aussitôt et des papillons multicolores en surgirent. Des murmures venaient de l’assemblée : « c’est la magicienne ».

« Ben oui, tout le monde vient apprendre de la magicienne ici. T’as peur d’elle ? » se moqua la petite fille.

La magicienne se trouvait aussi à côté de personnes qui semblaient perplexes devant la hauteur des arbres. Elle toucha le bras de chacun d’entre eux, et les voilà partis à grimper jusqu’à une plateforme située à 10 mètres de hauteur.

« J’adore ça ! C’est excitant cette adrénaline ! On en ressort épuisé mais heureux ! » se réjouissait la petite fille.

Nous arrivâmes alors dans un nouvel endroit où chacun passait devant des miroirs. Avant que la magicienne n’intervienne, les visages reflétés  étaient emplis de peurs. Elle soufflait alors au niveau de leur cœur et les visages devenaient rieurs et confiants !

Dans d’autres endroits, d’autres ateliers… toujours avec la même femme : la fameuse magicienne. Comment faisait-elle pour être à plusieurs endroits à la fois ? Quel était donc son pouvoir de transformation : est-elle une guérisseuse ? Une sainte ? Qui est-elle ? D’autant plus qu’il me semblait la voir à côté de chaque personne… Comment était-ce possible ???

J’en étais à me demander ce que je venais faire dans ce monde un peu étrange au milieu de ces ateliers un peu fous et inhabituels, quand j’arrivai à la porte d’une petit cabane.

« Je te retrouve à la sortie. Elle t’attend. »

Sitôt entrée, la cabane s’avérait immense et je me suis demandée quel tour de passe-passe l’avait faite grandir de la sorte. Là où je m’attendais à trouver un décor de sorcière d’un autre siècle ou un truc du genre, je trouvais la magicienne dans une cuisine en train de  préparer un gâteau comme une personne normale dans une vie empreinte de simplicité.

Elle planta son regard au fond de mon âme et me dit :

« – Que désires-tu pour toi ?

J’ai mal et je voudrais que cette souffrance cesse.

-Es-tu cette souffrance ?

-Je ne comprends pas

-Es-tu cette souffrance ? Qui penses-tu être ?

-…

-Qui es-tu ? Es-tu cette souffrance ?

-…

-Te résumes-tu à cette souffrance ?

-…

-Qui as-tu envie d’être ? Quelles expériences de toi-même souhaites-tu vivre ? »

J’étais tétanisée par ces questions auxquelles je ne trouvais pas de réponse, même s’il me semblait qu’une voix venue du plus profond de moi, voulait se faire entendre. Elle toucha alors le dessus de ma tête et mes vêtements changèrent de couleurs. Des sanglots libérateurs sortirent de moi qui se transformèrent en un rire cristallin en chœur avec celui de la magicienne.

Je me retrouvais dehors sans avoir fait un geste, et la petite fille me conduisit, en sautillant, jusqu’à la sortie. Cette fois-ci, nous avons même fait un petit concours du saut le plus ridicule !

Au moment de se quitter, je ne pus m’empêcher de lui demander : qui est-elle ? Quel est son pouvoir ? Comment fait-elle pour transformer ce qui ne va pas en meilleur ? Connais-tu son secret ?

La petite fille éclata de rire :

« -Décidément, vous les êtres humains, vous êtes un peu sourds et aveugles, non ? T’as toujours pas compris ? Tu ne te souviens pas d’elle ?

-Non, je t’assure, je ne la connais pas, je ne l’ai jamais vue.

– Pfft… Vous n’auriez pas du grandir… Elle est la vie elle-même ! Celle qui est en chacun et qui ne demande qu’à t’aider à te créer, à te guérir, à te permettre d’évoluer… A condition de la laisser faire et de lâcher prise : tu n’as qu’à la laisser circuler librement, sans attendre un résultat précis, sans la juger… Tu pensais vraiment que te taire et tout fermer était la solution pour aller mieux ? Que ramener sans cesse ton passé dans ton présent t’aiderait à t’épanouir ?»

Et elle disparut dans un dernier éclat de rires moqueurs.

A mon réveil, la vie en moi fourmillait de partout. J’avais en-vie d’appeler cette ami perdu de vue depuis 10 ans, j’avais en-vie d’une soirée amicale, j’avais en-vie de me remettre au sport et d’assister à cette exposition, j’avais en-vie d’explorer un peu plus mon potentiel professionnel, j’avais en-vie de m’écouter pour une fois. J’avais en-vie, pour commencer, de prendre un temps pour interroger mes en-vies…

Alors, j’ai imaginé la magicienne m’insuffler l’énergie de ma vie, encourager mes en-vies… et je me suis lancée !

 

Ce n’est qu’un joli conte. Il peut rester des fadaises pour les enfants, ou bien il peut passer outre le mental raisonnable tout puissant et devenir le point de départ d’autre chose.

Car, je puis vous l’assurer, chaque fois qu’une personne écoute son intérieur, cesse de s’identifier à son éducation, son formatage, se sent poussée à changer quelque chose et  y parvient, qu’elle se reconnecte à ses ressources intérieures, elle a tout simplement autorisé la vie en elle à vibrer à nouveau , même si, pour cela, elle a fait appel à un psy- un coach- un formateur- un expert du développement personnel. Même si c’est son travail-ses amis-un inconnu-une activité artistique qui semble l’avoir aidée, c’est toujours la vie en elle qui a trouvé ce miroir pour pouvoir enfin s’exprimer.

La vie en chacun est  la magicienne, quelle que soit la forme et le visage qu’elle prend. Il est peut-être temps de respecter-accueillir son sacré…

 

Patricia VERNERET

                                                               Coach et Formatrice par le chant

 

 

 

 

Vos commentaires sont les bienvenus !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.