J’ai compris une chose depuis très longtemps, c’est que nous sommes très pédagogues avec nous-mêmes… inconsciemment ! Une partie de nous sait très bien ce qui serait intéressant pour notre évolution en termes de changement, d’apprentissage ou de compréhension.
Mais nous faisons parfois erreur sur la façon de parvenir à notre but. Ou notre interprétation des messages laisse à désirer.
C’est-à-dire ? Me direz-vous…
Nous marchons toujours vers ce qui nous attire (intentionnellement ou pas). Mais quelques distorsions nous perdent en chemin. Notre manque de hauteur ne permet pas de déceler le fil conducteur de nos choix de vie. Ils nous paraissent sans queue ni tête ! Ou bien nous entrons dans des impasses. Et pourtant…
Pour vous aider à comprendre mon propos, voici une métaphore.

La métaphore
Emprunter une voie
Imaginez des trains roulant sur des voies ferrées.
Monter dans un train implique d’avoir choisi une destination. Le trajet peut être avec ou sans escale. Ou bien comporter quelques arrêts, des problèmes techniques. Ou il peut avoir été aiguillé vers des voies aussi surnommées « voies de garages ».
Les aiguillages permettent d’ajuster la trajectoire jusqu’à parvenir vers le lieu d’arrivée.
![]()
Dans la vie
J’ai pu observer (dans ma vie personnelle et dans les accompagnements d’autres personnes) que la destination choisie est toujours juste ! Car elle provient de notre intention sincère ou d’un besoin profond. Ceux-ci apparaissent sous forme d’idée du genre : si seulement je… (par exemple). Et puis nous l’oublions. Ou bien notre mental-égo les censure ou se les approprie.
Sans le savoir, nous venons de décider de la destination que va prendre notre vie autant sur les petites choses que les grandes choses.
Non seulement, la décision est prise mais nous sommes déjà en marche ! Et c’est là que les choses se gâtent car nous écoutons peu nos intuitions et ressentis. Nous pouvons être aveugles à ce que la vie nous présente sous forme de « hasard », de rencontres, d’idées estimées loufoques ou n’entrant pas dans le plan mental – formatage, conditionnement, qu’importe le nom qu’on lui donne.
La destination est la bonne (pour nous) , mais nous ne prenons pas le bon train, ou bien nous empruntons des « voies de garage ».
A chaque choix que nous faisons, il y a un aiguillage.
L’inspiration de départ et l’élan sont justes. Mais ils peuvent se trouver ensuite dénaturés par le manque de conscience et de connaissance de soi.

Exemples concrets
Exemple 1 réel (le prénom est fictif) avec erreur d’aiguillage
Mélodie ne sait pas quoi faire avec sa sensibilité et ses émotions. Elle n’en peut plus car, selon elle, elles la mènent bien souvent dans des impasses qui compliquent son relationnel. Elle cherche comment faire pour vivre plus sereinement (le besoin impulse la destination). Elle pense qu’il faut contrôler ses émotions (distorsion) pour se sentir mieux. Un jour, elle découvre (inspiration en lien avec le besoin) un livre sur le détachement qui résonne avec son présent et lui apporte une solution à sa problématique (train-moyen) !
Elle travaille dur et ce qu’elle obtient en termes de résultat : elle parait absente quand elle prend la parole. Elle a des difficultés pour se faire entendre. Elle ne sait plus vraiment qui elle est. Elle se sent indifférente à tout et sans envies, sans « jus ». Elle s’est totalement coupée de ses émotions et de ses ressentis.
Son inspiration élan était juste et totalement reliés à un véritable besoin. Mais son mental a mal interprété le message.
L’erreur d’aiguillage se trouve entre autres au niveau de la notion de détachement : elle a confondu détachement et indifférence. Résultat : ses ressentis et ses émotions ne lui sont plus d’aucune aide quant aux choix à faire. Elle est passée de trop à rien.
Une rencontre et une discussion lui apporte un éclairage nouveau (nouvel aiguillage). Elle comprend que le détachement n’est pas d’arrêter de ressentir mais de ne pas s’attacher à ses ressentis. Que ses émotions la rendent vivantes, qu’elles sont mouvement (e motio) et qu’elle peut les réguler. Qu’elles sont précieuses pour comprendre ce qui est juste pour elle ou pas. Elle peut apprendre à les vivre naturellement ! Ces prises de conscience la réveillent et lui donne envie : elle se sent vivante !
Son trajet peut reprendre et la mener vers sa destination. En chemin, elle va, par ses expériences de vie, apprendre à vivre avec sa réalité sensible de plus en plus naturellement. En faisant alliance avec elle plutôt qu’en tentant de l’étouffer.
![]()
Exemple 2 réel sans erreur d’aiguillage
C’est une histoire que je raconte souvent. Je suis à une période de ma vie où mon mental passe son temps à ressasser. Le vélo tourne sans arrêt dans ma tête ! J’aimerais tellement qu’il se repose (besoin) car c’est épuisant ! J’aimerais tellement qu’il fonctionne différemment (destination). J’ai déjà essayé de méditer (train-moyen) mais cela me demande un trop grand écart avec mes capacités actuelles.
En marchant dans la rue, je passe devant une vitrine qui propose des poteries et des sculptures. Je m’arrête car j’adore ça. En fait, il s’agit de la devanture d’une association. Elle propose des cours de sculpture et de poterie ! Ça me fait envie (élan-intuition). Je décide de m’inscrire illico presto.
Pendant 4 ans, le travail avec la terre me pose et me repose (train-moyen). 2 heures par semaine, mon mental fonctionne autrement : le silence, la présence sont essentiels pour parvenir à des résultats.
Un jour, je n’ai plus l’envie de continuer et je m’aperçois que ce que je souhaitais très fort s’est réalisé. Mon mental est à sa juste place et je peux continuer d’apprendre en méditant cette fois, car j’ai envie d’aller plus loin sur ce sujet : cela m’est devenu possible et surtout, ça me fait envie !

Un dernier message
Toi qui lis en ce moment, écoute. Écoute tes élans, tes besoins et passe à l’acte ! Même si ton mental trouve une idée saugrenue ou n’ayant l’air de n’avoir aucun lien avec ce que tu désires.
Essaie de projeter tes trajets non pas en sachant tout à l’avance. Mais en essayant d’être le plus possible en conscience de ce qui se passe en toi.
Quelle voie choisis-tu ? Pour cela, il te faudra t’interroger sur ce que tu cherches réellement. Il te faudra accepter de ressentir et t’autoriser à refuser ce qui ne vibre pas.
Si quelque chose ne fonctionne pas dans ta vie, ce n’est peut-être pas que tu as fait erreur dans ce qui t’anime ou dans la direction que tu souhaites prendre. Il se peut que ton mental ait mal interprété le message ou que tu aies emprunté une voie de garage…
C’est grave d’emprunter une voie de garage ? Pas du tout ! A toi de voir si tu veux y rester tellement longtemps que la perte de sens t’épuise. Ou si en prendre conscience t’aide à voir qu’elle peut devenir une source d’apprentissage qui t’aidera à fortifier ou à trouver de nouvelles ressources pour la suite de ton voyage.
Ainsi les erreurs d’aiguillages deviendront des choix d’aiguillage sans jamais te perdre en cours de route.
De toute façon, ne t’inquiète pas. Tu es sur ton chemin. La différence entre écouter et ne pas écouter : le temps et la fluidité.
Bon voyage à toi !


Patricia Verneret
Coach de vie, formatrice, auteure
Partager :
- Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn
- Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook
- Cliquer pour envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail
- Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp
- Cliquer pour partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X
- Cliquez pour partager sur Pinterest(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Pinterest


