Formation par le chant, coaching

Les diseurs de mauvaise aventure professionnelle

Voici les témoignages de 2 personnes, un homme et une femme, en reconversion professionnelle.

« J’ai vu un spécialiste pour m’aider dans la mise en place de mon projet professionnel dans le domaine du bien-être. Il m’a dit qu’il ne connaissait personne qui avait réussi dans ce que je souhaite faire. Ce serait peut-être possible à condition d’avoir de l’argent ou d’être femme au foyer avec un mari qui gagne bien sa vie.» 😯

« Un « coach *» (guillemets à coach car cette personne, dans sa posture, ne se comporte pas en coach) m’a proposé de noter par écrit tous mes rêves-envies de métier. J’ai adoré faire cela ! Je sentais monter une énergie porteuse en moi. Me projeter dans des univers différents de mon parcours précédent commençait à m’ouvrir des perspectives. Je me voyais enfin un avenir ! Quand il a lu mes nouvelles idées de trajectoires professionnelles, il a barré chacune d’elles en disant à chaque fois : pas la peine, ça ne marchera pas… Le marché n’est pas porteur.» 😯 

Dans le cas de ces 2 personnes, le choix des « spécialistes » n’a pas été le leur, mais imposé par le processus administratif. En ce qui me concerne, je suis atterrée par les comportements de ces experts en accompagnement professionnel.

Au 1er, j’aurais envie de lui poser la question du siècle dans lequel il vit. A noter que les professions du bien-être semblent être réservées aux femmes ayant du temps à revendre. Quant au 2ème, je serais tentée de lui demander de garder ses frustrations pour lui et d’éviter de polluer les autres avec… Je demanderais, aux 2, de me préciser sur quels faits concrets se fonde leur réflexion, et de s’interroger sur leurs prises de pouvoir et/ou, si maladresse de langage, sur leurs modes de communication : peut-être s’intéresser à la CNV ?

Et surtout : de quel droit !!! De quel droit se permettent-ils de démolir (car ces 2 personnes après avoir entendu ces spécialistes, avaient le moral bien en dessous des chaussettes…) des projets sous prétexte qu’eux-mêmes n’y croient pas ! Sont-ils sûrs d’être à leur place là ? De quel droit décident-ils de la vie d’un autre et de ses capacités de réussite ?

Oui, là c’est un peu ma colère qui s’exprime…

Tout professionnel se doit d’être demandeur de supervisions pour éviter les dérapages de ce style et garder une posture d’accompagnant…

Dans ce monde où le changement s’accélère, stimulé par la technologie qui le nourrit, qui peut affirmer, en toute honnêteté, quels seront les métiers de demain ? Est-ce que les métiers d’aujourd’hui qui ont le vent en poupe, ne sont pas les métiers, qui, hier, peinaient à fonctionner ? Et vice versa…

Est-ce que l’on décide d’exercer un métier seulement si l’on est certain que celui-ci va fonctionner car c’est déjà le cas pour d’autres personnes ? Cela revient à débuter une réflexion sur l’extérieur : je me lance dans un job qui marche déjà, plutôt que sur l’intérieur : j’ai très envie de faire ce job qui me stimule et résonne avec mes valeurs et/ou mes besoins. N’est-ce pas, là, chercher une façon de sécuriser ce qui ne peut pas l’être, avant de prendre une décision pour soi et son avenir professionnel ?

Comme si c’était le travail qui « marchait » et non pas les compétences des personnes qui aboutissaient à la réussite.

Qu’est-ce qui fait qu’une personne « réussit » dans un métier, en partant du principe que réussir aurait la même signification pour tous (sic) ?

Où se trouvent, dans ces histoires, la responsabilité et l’autonomie de la personne reçue ? Il est important de faire la différence entre questionner l’autre pour qu’il prenne la mesure de tous les tenants et aboutissants de son projet, des efforts nécessaires, des éventuels sacrifices (est-il prêt ?), de la temporalité du projet (etc.) et prendre la décision pour lui (elle) en imposant un point de vue… quel qu’il soit.

Il serait temps de préciser la différence entre accompagner une personne dans un projet professionnel et bâtir/démolir le projet pour elle, non ? Une méthode qui a fonctionné pour l’un peut ne pas fonctionner pour l’autre. Un vécu n’est pas une généralité. 3 vécus ne mènent pas à : « tout le monde est comme cela ».  

Ces spécialistes ont oublié de s’intéresser au caractère de la personne, à sa dynamique qui peut complètement bouleverser les pronostics, de questionner son engagement dans le développement de son activité et de l’interroger sur ses moyens de financement à mettre en place.

Il y a aussi des diseurs de bonne aventure professionnelle. Ils promettent de réussir sa vie après avoir suivi telle ou telle formation, ou grâce à leurs conseils précieux. Si vous voulez, vous pouvez ! Fonder un accompagnement uniquement sur les forces en chacun ne peut qu’aboutir à l’effondrement d’un projet, si la réalité concrète s’avère différente de la projection mentale initiale. Et la culpabilité pointera le bout de son nez si l’on pense que son projet n’a pas abouti par manque de volonté.

Accepter qui l’on est, le lumineux comme l’ombrageux, mènera à suivre son chemin sans emprunter les chaussures d’un autre, qui ne seront pas à la bonne taille.

Le monde change et nous tous aussi. Pour être plus juste, le monde change parce que nous changeons… Tout se passe comme si l’être humain avait oublié que le changement fait partie de la vie : tout est évolution… Les corps changent, les sentiments évoluent, les émotions passent, les envies se transforment, le langage s’enrichit. Si notre intérieur bouge autant, comment espérer que les jobs dans lesquels on a envie de s’investir ne bougent pas ???

Quel que soit les choix de vie, les rêves (ceux qui se concrétiseront et ceux qui passeront), les potentiels d’aujourd’hui et les compétences de demain de chacun, personne n’a le droit de décider à notre place. Il est temps de faire la  différence entre entendre une opinion et en faire une vérité, sous-prétexte d’avoir un spécialiste en face de soi. En l’occurrence, ici, en face et non avec…

D’ailleurs, même si certains en donnent l’illusion, personne n’en a le pouvoir.

Cette pensée du jour n’est qu’une opinion et n’engage que moi.

J’aurais voulu la terminer avec une liste de personnes à qui l’on avait prédit qu’elles ne réussiraient pas, qui ont prouvé, par leurs actes et leurs chemins de vie, le contraire. Mais la liste est bien trop longue… Elle s’allonge même à chaque instant.

 

Patricia VERNERET

                                                              Coach et Formatrice par le chant

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