Formation par le chant, coaching

Il est si facile de se perdre

Qu’est-ce qui fait principalement la qualité d’un coach de vie ? Sa posture : une écoute présente et sans arrière-pensées ; un alignement intérieur qui lui évitera (le plus possible) d’être happé par le transfert et le contre-transfert ; une disponibilité et une ouverture au présent de son client qui faciliteront le cheminement autonome ; une bienveillance qui accueillera l’autre tel qu’il est réellement.

Cette posture intérieure accompagne joyeusement les cheminements personnels des uns et des autres, dans les réalisations d’objectifs personnels et professionnels.

Hélas ou heureusement 😉 , le coach est un être humain…

Untel voit son activité prendre son essor après les années nécessaires à son développement. Évidemment, tout ce qui se présentait était bienvenu. Sans compter les heures passées à gagner en notoriété, à tenir une comptabilité en cherchant à gagner de quoi vivre, en attendant des revenus plus confortables… Voilà que tout s’accélère, il n’attend plus le client : le bouche à oreille fonctionne et son emploi du temps se remplit de plus en plus rapidement.

La salle d’attente d’un autre ne désemplit pas. Difficile de dire non aux demandes. Surtout que les missions de coaching ont toutes une fin programmée ! Des nouvelles doivent prendre le relais. Bref, maintenir un emploi du temps régulier est important.

Tel autre s’adapte à toutes les situations. Pas d’horaires de bureau… Chaque semaine le programme change. Il n’est pas rare d’avoir un dernier client jusqu’à 20 heures… pour tous ceux qui ne peuvent se permettre de grignoter sur leur temps de travail. Les horaires s’accommodent des différents emplois du temps ! Cela ne pose aucun problème, c’est une question d’habitude.

Quel point commun entre ces 3 personnes ? Le risque de se perdre… Et d’en devenir incompétent.

Trop d’activité ne permet pas de prendre un temps pour soi au-delà de la supervision, elle-même supra importante, mais elle ne suffit pas ! Elle n’est pas un temps pour soi. Elle est un temps pour le recul dans le travail.

Les tensions, conséquences d’une activité certes heureuse pour le porte-monnaie, mais terrible pour l’équilibre intérieur, apporteront  au bout du compte une « absence » due à la fatigue. Certes, le coach n’intervient pas dans les choix de son client, mais la qualité de son écoute fait la différence.

Un emploi du temps décousu ne permet pas de prendre conscience du temps réel passé au travail. Une heure par ici, une heure par là mènent très vite à une semaine de travail de 7 jours sur 7 ! Certes, le temps passé ne permet pas de s’ennuyer et il comporte des pauses : ici, de la compta – par ici, un client – ici, du marketing… Résultat : aucune conscience du temps réel consacré à sa profession, au détriment du personnel et/ou de  l’heureuse  « inutilité » du temps qui passe.

A force de pratiquer l’action, l’inaction devient dérangeante… Se « pauser » et se poser créent des démangeaisons qui poussent à bouger.

A force d’écouter l’autre, un déséquilibre se crée : on est porté sur l’extérieur et il est de plus en plus difficile d’écouter son intérieur… Être seul avec soi se raréfie ou devient délicat.

A force de fatigue accumulée, des tensions s’installent dans le corps, et elles mènent vite à l’impatience…

A force d’être assis, de pratiquer la communication, le véritable silence seul avec soi se fait de plus en plus rare. Le corps manque de mouvement, on perd sa « globalité » : le mental est sur-sollicité au détriment du reste… La souplesse du corps se perd. La souplesse intérieure ne tarde pas à lui emboiter le pas.

Il est vital pour un coach, autant pour lui-même que pour ses clients, de poser des temps de recentrage, de réalignement, de respiration, d’inaction pour une écoute primordiale. Sa posture est le résultat d’une hygiène intérieure faite de silence, d’être, d’écoute et de « circulation » intérieure, qui permettent de repérer et de transformer les tensions, les déséquilibres avant qu’ils ne posent problème pour l’exercice de sa profession.

Oui, bien vivre de son métier est important. Doit-on le pratiquer à n’importe quel prix ? Il est si facile de se perdre… Et il se pourrait bien qu’en se perdant, l’emploi du temps se vide pour cause d’inefficacité.

Restons vigilant ! Toute profession tournée vers l’humain et son bien-être a la fâcheuse tendance à grignoter sur les limites inhérentes à son humanité, sa matérialité…  Son propre bien-être devient secondaire. Le temps a filé tellement vite qu’on ne s’est pas rendu compte qu’on venait de se perdre de vue.

Il est si facile de dire oui à l’autre… N’oublions pas de dire aussi oui à soi. C’est vital pour l’exercice d’une profession telle que le coaching.

C’est vital pour vivre cette posture si essentielle à un accompagnement humaniste coaching de vie.

Patricia VERNERET

                                               Coach et Formatrice par le chant

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